FAUT IL PARIER SUR UNE BAISSE DU DOLLAR?

October 2, 2018

 

LES INCERTITUDES SUR L’ÉVOLUTION DU COURS EURO DOLLAR FONT PESER UN RISQUE CROISSANT SUR LES ENTREPRISES DE LA ZONE EURO AUX ETATS-UNIS. MAIS UNE SOLUTION PEU ONÉREUSE EXISTE POUR ÉLIMINER CELUI-CI.

 

Prévoir l’évolution des cours de change entre deux monnaies est un exercice périlleux. Si certains ont bâti leur fortune sur des prédictions clairvoyantes, tel Georges Soros spéculant contre la livre Sterling en 1992 en empochant au passage plus d’un milliard de dollars en un jour, pour la majorité des entreprises effectuant des transactions internationales, essayer de prévoir l’évolution d’un taux de change à terme relève plus du pari de casino que d’une démarche rationnelle.

C’est particulièrement le cas en ce qui concerne la parité euro dollar à l’heure actuelle.

 

Sur le plan concret une entreprise française exportant aux États-Unis (ou disposant d’une filiale dans ce pays) est constamment exposée au risque potentiel d’une baisse du dollar par rapport à l’euro, qui provoquerait une baisse des résultats convertis en euros (dans le cas contraire, évidemment, un gain correspondant serait enregistré par celle-ci).

Or la période actuelle présente des difficultés particulières pour la prévision de l’évolution de la parité Euro Dollar dans les mois et années à venir du fait de phénomènes macro-économiques et géopolitiques aux effets contradictoires.

  • Les taux d’intérêts américains ne cessent de progresser sous l’impulsion de la FED, creusant toujours plus le différentiel de taux avec l’Europe, Ainsi depuis le taux de base de la FED est il passé de 0.5% en décembre 2017 à 1,75% le 26 septembre dernier, alors même que le taux de la Banque centrale européenne restait à 0% et que pendant la même période le taux d’inflation américain n’était que d’un demi point supérieur à celui de la zone euro. Ce différentiel de taux réel constitue ainsi un puissant facteur d'appréciation du billet vert par rapport à l’euro.

  • Le taux de croissance de l’économie américaine de prêt de 4% en rythme annuel au 2ème trimestre 2018 contraste cruellement avec la décélération soudaine de la croissance dans la zone euro qui se contente d’un modeste 1,6% pour la même période.

  • L’euphorie boursière de Wall Street qui ne cesse de battre des records historiques du fait de taux d’intérêts encore relativement bas allié à des réductions d’impôt massives accordées aux entreprises américaines pèse en faveur d’un dollar fort par rapport à une situation boursière plus terne en Europe.

La combinaison de ces trois tendances aurait donc logiquement dû provoquer une forte hausse du billet vert par rapport à l’euro depuis le début 2018. Or il n’en est rien, puisque le dollar valait 1,20 euro au premier janvier contre seulement 1,15 euro aujourd’hui (2 octobre 2018).

 

Trois facteurs ont pu toutefois contrecarrer la tendance haussière du billet vert:

  • les incertitudes géopolitiques provoquées par l’élection de Donald Trump en 2016

  • le retour sans équivoque des Etats-Unis à une politique protectionniste sous l'impulsion du même Trump

  • Le risque d’un krach majeur aux Etats-Unis à relativement court terme prédit par de nombreux analystes économiques depuis plusieurs mois

Dès lors, il paraît très hasardeux pour un observateur non averti, et même sans doute pour la majorité des spécialistes de l’économie, de prévoir l’évolution du dollar dans les 2 ou 3 années à venir, les conséquences à terme des changement de politiques étrangères des Etats-Unis, de leur retour au protectionnisme et d’un éventuel krach à Wall Street étant relativement difficiles à prédire sur la parité euro/dollar.

 

C’est pourquoi je recommande aux entreprises françaises qui génèrent une part importante de leur chiffre d’affaires aux Etats-Unis de se couvrir contre les risques de change en achetant par exemple des dollars à terme (pour plus d'explications: http://www.lecomptoirfinancier.com/International/107-FR-Couverture_de_change) afin de couvrir leurs ventes prévisionnelles outre-Atlantique dans les mois à venir. Cette option présente certes l’inconvénient du risque de passer à côté d’une plus value appréciable en cas de renchérissement du dollar, mais à mon sens, cette assurance peu onéreuse contre les pertes de change est largement justifiée par la tranquillité d’esprit qu’elle apporte aux entrepreneurs étrangers dont la raison d’être devrait rester le développement de leurs ventes aux Etats-Unis plutôt que la spéculation sur les marchés monétaires.

 

 

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